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Interview du vice-président délégué de la F.F.H, André HENNAERT

André Hennaert, vice-président délégué de la Fédération Française Handisport, est un sportif émérite. Il a remporté de nombreuses médailles paralympiques ou mondiales, en escrime et en tennis de table. Récemment décoré des insignes de Commandeur de l’Ordre National du Mérite par le Président de la République, il s’exprime sur sa passion pour le sport et le handisport.

S.D : Quand avez-vous commencé à pratiquer un sport ?
A.H :
J’ai commencé très jeune par le judo et le tennis de table. Blessé en Algérie durant mon Service National, à l’âge de vingt-deux ans, j’ai renoué rapidement, dans le cadre de ma rééducation, avec le tennis de table. J’ai participé dans cette discipline aux Jeux Paralympiques de Tel-Aviv en1968 et Heidelberg en1972. Ensuite, je me suis spécialisé dans l’escrime. C’est dans ce sport que j’ai été sélectionné pour les Jeux Paralympiques de 1976, 1980, 1984, 1988 et 1992 à Barcelone. Après quoi j’ai arrêté ma carrière sportive.

S.D : Vouliez-vous faire carrière dans le milieu sportif ou cela s’est-il naturellement imposé à vous ?
A.H :
Valide, je pratiquais en amateur, avec beaucoup de passion et de goût pour la compétition, puisque j’avais obtenu une sélection internationale en judo, mais sans pour autant envisager une carrière sportive. A la suite de mon handicap, retrouvant rapidement les mêmes sensations et certains succès, je me suis orienté et préparé pour une pratique en compétition.

S.D : Comment avez-vous connu la fédération Handisport : par des amis, le bouche à oreille, … ?
A.H :
Je l’ai connu parce que j’étais déjà membre de la seule association sportive nationale avant même la création de la première fédération sportive pour handicapés en 1963. Des associations se créant alors dans toute la France, j’ai été co-fondateur du Cercle Sportif de l’Institution Nationale de Invalides, à Paris. Et en 1977, lorsque que la Fédération a pris le nom de Handisport, j’ai été élu vice-président, puis vice-président délégué.

S.D : Vous souvenez-vous de votre première compétition en tant que sportif handisport ?
A.H :
Je ne me souviens pas de la première compétition nationale. Cependant, au niveau international, j’ai un souvenir très précis de ma première compétition : les Jeux Internationaux de Bruxelles. Alors que les championnats d’Europe et du Monde n’étaient pas encore créés, les Jeux Mondiaux de Stoke-Mandeville (Angleterre) et les Jeux Internationaux de Bruxelles étaient les compétitions multidisciplinaires de référence. Je garde de cette compétition, en 1962, un souvenir particulier pour l’ambiance très agréable, la découverte de tous les sports alors pratiqués et l’engagement des athlètes des pays présents.

S.D : Vous avez un palmarès impressionnant : de la médaille de bronze individuel en tennis de table à tous les titres remportés ensuite en escrime. En outre, auparavant, vous avez été performant dans diverses autres disciplines. Est-ce une spécificité du Handisport que d’évoluer dans plusieurs sports ?
A.H :
Il faut découvrir le sport qui vous plaît, qui correspond le mieux à vos capacités physiques restantes et, pour s’adonner à la compétition, celui pour lequel vous avez les meilleures dispositions. Comme le choix proposé est assez large, cela permet de faire différentes tentatives. J’ai pratiqué, entre autres, le tir à l’arc, l’haltérophilie… le tennis de table, où j’ai été trois fois champion de France et médaillé paralympique. Pour ce qui concerne l’escrime, mon club étant le berceau de cette discipline en France, je l’ai découverte comme spectateur avant de m’y adonner avec passion, grâce aux qualités du maître d’armes qui me l’a enseignée. Cependant, pour être performant, le choix doit se fixer sur une seule discipline pour donner le meilleur de soi-même en raison de la qualité du niveau mondial.

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