©Copyright 2003 Mediatechnix

   
     

Interview du vice-président délégué de la F.F.H, André HENNAERT

S.D : Les sportifs de compétition et de loisir sont-ils aidés au niveau du matériel spécifique ?
A.H :
Cette aide est variable suivant les sports, le niveau de pratique et le handicap. Le sport en fauteuil roulant nécessite maintenant des matériels très adaptés à la discipline et à la morphologie des sportifs. Leurs qualités représentent un plus grand plaisir pour le loisir, un critère de performance et de réussite pour la compétition. Par exemple, il n’est pas concevable de pratiquer l’athlétisme, le basket-ball et le tennis sans des fauteuils spécifiques. D’autres sports adaptent le fauteuil aux exigences des règlements et à la morphologie des pratiquants. Les sportifs de loisir trouvent souvent des moyens pour se doter du matériel souhaité. Les sportifs de compétition, et particulièrement de haut niveau, obtiennent des aides personnalisées de différentes origines et quelquefois sous forme de partenariat avec un fabriquant. Certains amputés bénéficient parfois du concours d’appareilleurs pour ce qui concerne des prothèses réalisées en matériaux composites. Les courses d’athlétisme représentent un laboratoire d’essais appréciable pour contribuer à l’amélioration de cette technologie. Concernant les appareils spécifiques, les ingénieurs du Service de Recherches d’Electricité de France, dans le cadre de notre partenariat, ont contribué avec succès à la réalisation de matériels tels que les systèmes de visée à la carabine et au tir à l’arc pour les handicapés visuels, les fauteuils pour le ski assis, l’appareil de fixation des fauteuils roulants pour la pratique de l’escrime, Un partenariat exemplaire dans le domaine de la recherche.

S.D : La F.F.H a sa propre revue, Handisport Magazine. A part les revues fédérales des diverses associations pour sportifs handicapés physiques, y a-t-il d’autres supports presse qui traitent du handisport ?
A.H :
Handisport Magazine est la principale revue traitant de l’ensemble des activités sportives pour handicapés. Des journaux sont réalisés par certaines de nos commissions fédérales. Elles complètent notre information. Des comités et des clubs éditent aussi des revues. Des associations à caractère social se font également l’écho de nos activités. Nous avons aussi le plaisir de constater que d’importantes revues, sportives ou non, consacrent de plus en plus de longs articles de fonds ou des portraits très complets de nos sportifs de haut niveau. Nous sommes bien sûr favorables au développement de ce type d’information qui contribue à une plus large connaissance de Handisport. Cependant, toutes les fédérations le constatent, la médiatisation repose sur les grandes chaînes de télévision. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Nous ne sommes pas les plus défavorisés, mais nous sommes très loin d’obtenir ce à quoi Handisport pourrait prétendre. Le sport pour handicapés représente un domaine particulier dans le paysage de la nation. Il intéresse le loisir, le sport à tous les niveaux avec ses conséquences bénéfiques sur la santé, le travail, l’intégration dans la cité, la joie de vivre… Et, qui n’a pas dans sa famille une personne atteinte d’un handicap? Et qui pourrait affirmer que les circonstances de la vie le mettent à l’abri du handicap ? Tout le monde est concerné. Et puis le sport pratiqué par les handicapés est souvent très beau et le public souhaite y assister plus largement.

S.D : En mai, les XVIe Jeux de l’Avenir Handisport se dérouleront à l’INSEP, au sein-même du « temple » de la pratique sportive de haut niveau, où tous les grands sportifs valides s’entraînent. Serait-ce un grand pas dans l’intégration des sportifs handisport dans le monde des valides ?
A.H :
Oui, l’image est belle et symbolique. J’espère que sur place il y aura un petit peu de cette fusion que nos jeunes sportifs apprécieront à sa juste valeur. C’est une manifestation extrêmement attachante et je leur souhaite de vivre ce moment avec autant d’enthousiasme qu’au cours des jeux précédents. Autant de jeunes et de fraîcheur dans un lieu aussi mythique que l’INSEP, c’est formidable ! Du 29 juin au 6 juillet, nous aurons également le championnat d’Europe d’Escrime qui regroupera les 90 meilleurs escrimeurs européens en fauteuil roulant. Il se déroulera dans les gymnases du Centre Sportif Louis Lumière qui jouxtent la Résidence Internationale de Paris. Là, l’intégration ne pose pas de problème, car l’escrime est une grande famille. Je souhaite vivement que le succès de ce championnat soit à la mesure des efforts déployés par le comité d’organisation que j’ai l’honneur de présider

Propos recueillis par Nadège BELANGE pour le Groupe Espace Sport

1 2 3 4 5

<< Sommaire interview