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Interview
du vice-président délégué de la F.F.H,
André HENNAERT |
S.D
: Les sportifs de compétition et de loisir sont-ils aidés
au niveau du matériel spécifique ?
A.H : Cette aide est variable suivant les sports, le niveau de
pratique et le handicap. Le sport en fauteuil roulant nécessite
maintenant des matériels très adaptés à la
discipline et à la morphologie des sportifs. Leurs qualités
représentent un plus grand plaisir pour le loisir, un critère
de performance et de réussite pour la compétition. Par exemple,
il n’est pas concevable de pratiquer l’athlétisme,
le basket-ball et le tennis sans des fauteuils spécifiques. D’autres
sports adaptent le fauteuil aux exigences des règlements et à
la morphologie des pratiquants. Les sportifs de loisir trouvent souvent
des moyens pour se doter du matériel souhaité. Les sportifs
de compétition, et particulièrement de haut niveau, obtiennent
des aides personnalisées de différentes origines et quelquefois
sous forme de partenariat avec un fabriquant. Certains amputés
bénéficient parfois du concours d’appareilleurs pour
ce qui concerne des prothèses réalisées en matériaux
composites. Les courses d’athlétisme représentent
un laboratoire d’essais appréciable pour contribuer à
l’amélioration de cette technologie. Concernant les appareils
spécifiques, les ingénieurs du Service de Recherches d’Electricité
de France, dans le cadre de notre partenariat, ont contribué avec
succès à la réalisation de matériels tels
que les systèmes de visée à la carabine et au tir
à l’arc pour les handicapés visuels, les fauteuils
pour le ski assis, l’appareil de fixation des fauteuils roulants
pour la pratique de l’escrime, Un partenariat exemplaire dans le
domaine de la recherche.
S.D
: La F.F.H a sa propre revue, Handisport Magazine. A part les revues fédérales
des diverses associations pour sportifs handicapés physiques, y
a-t-il d’autres supports presse qui traitent du handisport ?
A.H : Handisport Magazine est la principale revue traitant de
l’ensemble des activités sportives pour handicapés.
Des journaux sont réalisés par certaines de nos commissions
fédérales. Elles complètent notre information. Des
comités et des clubs éditent aussi des revues. Des associations
à caractère social se font également l’écho
de nos activités. Nous avons aussi le plaisir de constater que
d’importantes revues, sportives ou non, consacrent de plus en plus
de longs articles de fonds ou des portraits très complets de nos
sportifs de haut niveau. Nous sommes bien sûr favorables au développement
de ce type d’information qui contribue à une plus large connaissance
de Handisport. Cependant, toutes les fédérations le constatent,
la médiatisation repose sur les grandes chaînes de télévision.
Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.
Nous ne sommes pas les plus défavorisés, mais nous sommes
très loin d’obtenir ce à quoi Handisport pourrait
prétendre. Le sport pour handicapés représente un
domaine particulier dans le paysage de la nation. Il intéresse
le loisir, le sport à tous les niveaux avec ses conséquences
bénéfiques sur la santé, le travail, l’intégration
dans la cité, la joie de vivre… Et, qui n’a pas dans
sa famille une personne atteinte d’un handicap? Et qui pourrait
affirmer que les circonstances de la vie le mettent à l’abri
du handicap ? Tout le monde est concerné. Et puis le sport pratiqué
par les handicapés est souvent très beau et le public souhaite
y assister plus largement.
S.D
: En mai, les XVIe Jeux de l’Avenir Handisport se dérouleront
à l’INSEP, au sein-même du « temple » de
la pratique sportive de haut niveau, où tous les grands sportifs
valides s’entraînent. Serait-ce un grand pas dans l’intégration
des sportifs handisport dans le monde des valides ?
A.H : Oui, l’image est belle et symbolique. J’espère
que sur place il y aura un petit peu de cette fusion que nos jeunes sportifs
apprécieront à sa juste valeur. C’est une manifestation
extrêmement attachante et je leur souhaite de vivre ce moment avec
autant d’enthousiasme qu’au cours des jeux précédents.
Autant de jeunes et de fraîcheur dans un lieu aussi mythique que
l’INSEP, c’est formidable ! Du 29 juin au 6 juillet, nous
aurons également le championnat d’Europe d’Escrime
qui regroupera les 90 meilleurs escrimeurs européens en fauteuil
roulant. Il se déroulera dans les gymnases du Centre Sportif Louis
Lumière qui jouxtent la Résidence Internationale de Paris.
Là, l’intégration ne pose pas de problème,
car l’escrime est une grande famille. Je souhaite vivement que le
succès de ce championnat soit à la mesure des efforts déployés
par le comité d’organisation que j’ai l’honneur
de présider
Propos
recueillis par Nadège BELANGE pour le Groupe Espace Sport
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