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Interview Dr PAILLER de la F.F.H

F.S : Est-ce que pour les personnes âgées, il s’agit d’un handicap qui s’installe avec l’âge ou un autre type de handicap ?
Dr P. :
Nous avons des personnes qui, dans les années 50-60 ont commencé à faire du sport et qui continuent. Or, par exemple, il est certain que les épaules ne sont pas destinées physiologiquement à faire avancer un fauteuil ou à supporter la marche avec des cannes anglaises. Quelle est l'influence de la surcharge induite par le sport sur les éventuels dégâts créés par cette déambulation ? Des études restent à faire.

F.S : Dans leur pratique (loisirs et compétition) , est-ce que les sportifs bénéficient d’un encadrement particulier ? Lequel ?
Dr P. :
L’encadrement est technique et médical. Sur le plan technique, pour une personne handicapée, il y a un grand intérêt à pratiquer avec Handisport. Pour faire des compétitions, on est obligé de passer par Handisport, seule habilitée à les organiser. Mais pour une pratique de loisirs, s'il n'y a pas d'obligation, il existe néanmoins l'intérêt de bénéficier d'installations adaptées, de créneaux horaires spécifiques et surtout d'un encadrement de personnes habituées à prendre en charge des sujets handicapés. Parallèlement, de nombreux professionnels du sport valide veulent avoir des connaissances sur le handicap, car ils sont confrontés de plus en plus à des demandes de personnes handicapées. Dans ce but, Handisport à lancer une formation, qui est destinée à ces cadres de fédérations valides. Il s'agit surtout d'écarter leurs craintes de nuire par méconnaissance. Sur le plan médical, l’immense majorité de nos médecins est spécialiste du handicap, c’est pareil pour nos kinés. La plupart des membres de notre commission médicale travaillent dans des centres de rééducation.

F.S : Est-ce que les sportifs handisport doivent suivre un régime particulier ?
Dr P. :
J'aimerais bien que chaque licencié ait déjà des comportements alimentaires adaptés à ses besoins. Une personne en fauteuil roulant a des dépenses énergétiques liées au déplacement moindre de celle d'un marchant, il lui faut donc avoir moins d’apport calorique. Un paraplégique a un besoin quotidien de 200 à 400 calories de moins. Pour les sportifs de très haut niveau il y a des aspects qualitatif et quantitatif dans la diététique. Certains sportifs demandent nos conseils et ceux de diététiciens. J'espère que cette demande se généralisera.
L'hydratation est aussi très importante dans le sport car un muscle moins hydraté est moins performant, avec une incidence directe sur les résultats. De plus, un certain nombre de sujets handicapés ont des troubles urinaires, renforçant l'exigence d'une bonne hydratation. Nous luttons dans ce domaine depuis longtemps et sommes écouté de plus en plus.

F.S : Est-ce que ces sportifs doivent se soumettre à des contrôles médicaux réguliers ? De quel genre ?
Dr P. :
Pour tout sportif, il faut une licence pour participer à des compétitions, quel qu'en soit le niveau. Pour obtenir une licence, il faut produire chaque année un certificat médical de non contre-indication. Ce certificat ne devrait être établi qu'après un bilan sérieux. De plus, les sportifs inscrits sur les listes de haut niveau du Ministère des Sports sont soumis à un contrôle médical comme dans les autres fédérations. La loi de 1999 a prévu que ce suivi médical spécifique doit être fait trois fois par an, avec des bilans cliniques, biologiques, dentaires, etc…

F.S : Faites-vous de la prévention sur le dopage ?
Dr P. :
Nous faisons régulièrement de la prévention sur le dopage. On ne peut pas dire que le dopage n’existe pas dans notre milieu car on ne sait pas forcément tout, mais s'il existe il est très peu répandu et nous en sommes au stade de la prévention. Celui qui se dope recherche une amélioration de ses performances. Et jusqu’à présent, pour un sportif handicapé, il y a plein d’autres moyens pour gagner en performance sans recourir au dopage : en améliorant l’entraînement, en qualité et quantité, en mangeant mieux, en s’hydratant bien, en ne fumant pas, etc. Il existe une importante marge de manœuvre avant de recourir au dopage. En outre, le dopage coûte souvent très cher et la population handicapée est moins fortunée que la population valide. Aucun de nos sportifs n’a suffisamment d’argent pour se payer de l’EPO.. Si l'un d'entre eux se dope, c’est avec des produits plus classiques, faciles à détecter. Depuis trente ans, Handisport fait des contrôles. Jusqu’à présent les seuls positifs découverts lors de compétitions en France ont été soit des étrangers soit des valides, guides de personnes handicapées visuelles. Nous avons eu parfois des cas positifs pour lesquels une justification thérapeutique a été reconnue. Pour revenir à la prévention : dans la quinzaine de disciplines paralympiques, c’est-à-dire qui participent aux jeux d’hiver ou d’été, il y a des stages réguliers, avec un médecin pour chaque discipline. Ces stages sont l'occasion pour le médecin de faire de la prévention. Nous rédigeons aussi des articles dans la revue fédérale (Handisport Magazine). Depuis deux ans, on propose une formation pour les délégués au contrôle anti-dopage. Il s'agit des personnes qui dans les fédérations sont chargées d’accueillir le médecin-préleveur pour l’aider à la réalisation pratique des contrôles et qui sont garants du bon déroulement des procédures.

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