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Interview Dr PAILLER de la F.F.H

F.S : Il arrive parfois qu’il y ait des accidents dans la pratique sportive pour valides (cf cyclisme). Qu’en est-il pour le handisport ? Y a-t-il souvent des accidents ?
Dr P. :
La traumatologie est rare. Sur le plan qualitatif, on rencontre les mêmes problèmes que dans le même sport chez les valides. Par exemple, pour le volley-ball ou le basket, ce sont des entorses des doigts, etc. La seule spécificité est liée au conflit entre la main et la main courante du fauteuil chez ceux pour qui le fauteuil a un rôle direct dans le sport, comme au basket ou le tennis. On a pu voir plutôt des accidents autour de l’activité sportive que dedans : par exemple, en natation par chute dans la douche ou sur le bord du bassin d'un sportif qui d’habitude marche avec un appareil.

F.S : Est-ce que les sportifs de la F.F.H vous demandent conseil pour s’équiper ou bien s’adressent-ils à un spécialiste technique au sein de la fédération ?
Dr P. :
Ce n’est pas au sein de la fédération que le sportif peut s’équiper car l'appareillage est affaire de spécialistes. Celui qui a besoin d’un fauteuil ou d’un appareil ordinaire pour pratiquer se le fera prescrire par le médecin de rééducation qui le suit. Pour le matériel de haut niveau comme la prothèse sophistiquée d'un coureur ou un fauteuil spécialisé, les sportifs voient directement les appareilleurs. Le coût de ces appareillages spéciaux est élevé, d'autant que pour un amputé il faudra plusieurs prothèses d'essai avant de trouver la bonne. Le coût est trop élevé pour le sportif et ce n’est pas à la Sécurité Sociale de le prendre en charge. Aussi c'est l’appareilleur qui le fera en guise de sponsoring, pour se faire de la publicité. Pour les fauteuils roulants, les joueurs de l’équipe de France de basket sont réalisés par un fabricant avec lequel la fédération a un contrat.

F.S : Quelle est l’évolution du handisport en France ? Quelles sont les actions entreprises pour poursuivre cette évolution ?
Dr P. :
Il y a eu une augmentation considérable du nombre de pratiquants mais le réservoir potentiel est encore important : beaucoup de personnes handicapées pourraient bénéficier des activités physiques. En ce qui concerne les performances, le progrès est phénoménal, quel que soit le sport. Dans le matériel, fauteuil roulant ou prothèse, les matériels ont beaucoup progressé, souvent grâce aux sportifs eux mêmes. Ces progrès profitent à tous : les fauteuils roulants ordinaires pesaient environ trente kilos contre quinze kilos aujourd’hui.

F.S : La F.F.H a son propre site internet, que pourrait-on faire de plus pour que le handisport soit connu de tous, pour qu’on en entende plus parler ?
Dr P. :
On en entend déjà de plus en plus parler. Mais, on voudrait toujours plus ! Le média qui marque le plus le public est la télévision. Dans ce domaine, il y a des fédérations qui ont beaucoup plus de licenciés qu’Handisport et qui n’ont pas plus d’images voire même moins. La médiatisation du sport permet à des personnes handicapées d'en connaître l'existence. On rencontre encore des personnes handicapées qui pratiquent depuis longtemps en milieu valide et ignore l'existence d'Handisport. Une plus grande médiatisation aurait le mérite de faire connaître les bienfaits de la pratique d'activités physiques.

F.S : Quelques fédérations sportives pour valides commencent à avoir des partenariats avec des fédérations comme la F.S.A ou des Sourds de France. C’est aussi une manière de mettre en avant le sport pour handicapés ?
Dr P. :
Handisport a depuis longtemps des partenariats avec les fédérations pour valides. Les sportifs handisport de haut niveau s’entraînent tous en milieu valide, avec des entraîneurs valides, au milieu de sportifs valides, etc. Il y a régulièrement des stages communs de nos équipes avec leurs homologues valides.. Longtemps, les entraîneurs de la F.F.H ont été des kinés ou des professeurs de sport impliqués dans le monde handicapé. Mais, l'augmentation des performances et des besoins des sportifs nécessite de faire appel à des professionnels de l'entraînement. S'entraîner avec les valides est un mode d’intégration et cela banalise la mixité valides/handicapés.

F.S : C’est donc une vraie thérapie, à tout point de vue ?
Dr P. :
L'activité physique et sportive est effectivement une vraie thérapie pour des personnes qui ont besoin d'entretien régulier, à vie. Pour autant, le sportif handicapé devra parfois avoir recours à des soins classiques.

Propos recueillis par Nadège BELANGE pour le Groupe Espace Sport

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