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Interview d'Anthony REDON, président de l’association Gliss4all

S.D : C’est peut-être parce que le matériel adapté n’existait pas encore pour pratiquer pour ces sports ?
A.R :
C’est sûr, le matériel ne suivait pas. C’est vrai que nous avons les mêmes appareillages que les personnes âgées et qu’il coûte très cher. Pour ce qui est des prothèses, pour ma part, leur prix est de l’ordre de 5 000 euros. Une partie de cette somme est prise en charge par la sécurité sociale, de même pour une partie des appareils mais cela ne concerne pas ce qui a attrait au sport. Si l’on veut s’acheter du matériel spécifique au sport, cela coûte extrêmement cher et il n’est pas remboursé. Ce n’est pas évident de faire du sport sans ce genre de matériel, en plus on peut se blesser, …

S.D : Lorsque vous avez essayé de pratiquer de nouveau les sports que vous pratiquiez avant votre amputation ( snowboard, skate, etc.), est-ce que les médecins ne vous ont pas pris pour un fou ?
A.R :
Non, ils me disaient plutôt d’essayer. J’ai essayé quelques temps après, donc les médecins n’avaient plus trop de regard sur ce que je faisais. Certains, comme les prothésistes, étaient interloqués.

S.D : Vous êtes l’exemple que le sport et le handicap ne sont pas incompatibles ?
A.R :
Oui. Je dirais que de nombreux sports presque "extrêmes", sont accessibles aux personnes handicapées.

S.D : Pensez-vous que tous les handicapés physiques (surtout amputés des membres inférieurs) savent qu’ils peuvent pratiquer un sport de glisse ou un sport ?
A.R :
C’est pour cela que notre association existe. Si j’ai recommencé le roller, c’est parce que j’avais vu des photos sur le site d’un américain qui faisait du roller avec un pied en moins. En les voyant, je me suis dit que c’était possible. C’est vrai que cela passe en grande partie par l’image, par ce que les gens voient.

S.D : Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
A.R :
Je vais chercher du travail parce que j’étais juste bénévole pour l’association. L’association va continuer d’exister, on va refaire des festivals. La ville d’Annecy nous a déjà demandé de représenter un projet pour l’année prochaine.

Propos recueillis par Nadège BELANGE pour le Groupe Espace Sport

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