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Interview
Claude SUGNY
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S.D
: Qu’est-ce qui a déclenché le passage des Jeux Internationaux
de Stocke Mandeville aux Jeux Paralympiques ?
C.S : Ce passage est du au développement du sport parmi
tous les types de handicap. Au départ, les Jeux n’étaient
réservés qu’aux paraplégiques et tétraplégiques.
Les autres types de handicap ont voulu aussi participer aux Jeux. Des
contacts ont été pris avec la Fédération Internationale
de Stocke Mandeville par d’autres fédérations ou associations
de sport qui ont été créées par exemple pour
les IMC et pour les handicapés visuels. Il y a eu un agrément
entre ces diverses fédérations: un groupe s’est formé,
l’I.C.C qui a géré ces Jeux jusqu’en 1992. A
cette date, un nouvel organisme, l’International Paralympic Committee
(I.P.C), fondé en 1989, a pris en charge les Jeux Paralympiques
d’été et d’hiver, regroupant tous les handicaps,
sauf les sourds. Pendant quelques années, les sourds ont fait partie
de l’I.P.C, lequel n’a pas répondu à leurs objectifs,
alors ils ont préféré faire cavalier seul. Ils ont
donc leurs propres jeux.
S.D
: Comment gérait-on les personnes handicapées souhaitant
faire du sport en France, avant la création de la Fédération
Française Handisport ?
C.S : En 1952 s’est créée la première
association française de sport pour handicapés. Elle s’appelait
A.S.M.F, Association Sportive des Mutilés de France. La plupart
des handicapés physiques étaient des mutilés, des
blessés de la seconde guerre mondiale, surtout des amputés,
qui ont eu l’idée de créer une association sportive.
Le président fondateur de cette association, qui est décédé
aujourd’hui (ndrl : Philipe BERTHE), était un blessé
de la seconde guerre mondiale, amputé d’une jambe. Il avait
un peu pris modèle sur les Autrichiens qui avaient commencé
à faire du sport, et notamment du ski qui est leur discipline favorite.
Il a importé cela en France, puis l’association s’est
développée, elle a proposé du ski, de la natation
et d’autres activités. D’autres associations ont vu
le jour et se sont développées. En 1963, la fédération
de sport pour handicapés physiques est née : F.S.H.P, qui
est devenue fédération française (F.F.S.H.P) en 1968.
En 1972, il y a eu une scission. Un membre du comité directeur
de la fédération a pensé que les objectifs que l’on
poursuivait n’étaient pas les bons parce qu’ils ne
correspondaient pas aux siens. Il a donc créé une fédération
dissidente, la F.F.O.H.P. En 1977, on a fusionné de nouveau en
une seule fédération : la Fédération Française
Handisport (F.F.H.).
S.D
: Quel était le mode de financement des associations à cette
époque-là ? Etaient-elles toutes constituées de bénévoles
?
C.S : Elles étaient entièrement constituées
de bénévoles, c’est la loi de 1901 toujours en vigueur
qui est applicable. Une fédération doit être dirigée
par un comité directeur et tous les membres sont bénévoles.
Evidemment, on ne peut pas fonctionner qu’avec des bénévoles
pour des tâches comme le secrétariat, ni pour tout ce qui
est administratif Maintenant, nous faisons appel à du personnel
appointé. Tous les membres du comité directeur et pratiquement
des diverses commissions, sont des bénévoles. On a parmi
nous des handicapés militaires, notamment de la guerre d’Algérie,
comme André Auberger (Président de la F.F.H) ou André
Hennaert (vice-président délégué de la F.F.H)
qui sont pensionnés de guerre et qui consacrent leur temps à
la fédération, bénévolement.
S.D
: Quelle évolution avez-vous pu constater concernant le "handisport"
en France depuis que vous le pratiquez ?
C.S : Au niveau du sport, il y a eu un énorme développement.
Mais cette évolution n’a pas tellement suivi dans les médias.
C’est toujours la bagarre pour nous faire entendre. Au début,
nos jeux étaient plutôt confidentiels, il y avait parfois
des rubriques dans les journaux féminins où l’on voyait
quelques pages consacrées à une athlète féminine.
Dans les journaux, dans les rubriques sportives, il y avait très
peu de choses. Cela s’est un peu développé, surtout
au niveau des Jeux Paralympiques pour lesquels il y a une retombée
médiatique assez importante. Sur la région parisienne c’est
très difficile d’intéresser les médias. Au
niveau provincial, c’est plus facile. Enfin, il y a quand même
eu beaucoup de progrès, car avant le handisport n’était
pas connu. Il n’était pour ainsi dire connu que des parents
et des proches, c’est tout. Il y a donc eu un développement
important.
S.D
: Aujourd’hui le handisport est plutôt bien structuré
?
C.S : On a une fédération qui est très bien
structurée, notamment au niveau de l’encadrement, des disciplines,
c’est d’ailleurs ce qui nous a permis d’obtenir l’agrément
ministériel. En plus de cela, elle a été reconnue
en tant que fédération dirigeante. En principe les fédérations
dirigeantes sont les grandes fédérations "unisport".
Nous, c’est une exception, parce que nous avons une spécificité.
La F.F.H a été reconnue par le comité olympique français
dans les années 1970, ensuite il y a eu une intégration
complète du handisport, notre président est actuellement
trésorier du CNOSF.
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