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Interview Claude SUGNY

S.D : Pensez-vous que l’on parle assez du handisport en France ?
C.S :
Au niveau de la presse et au niveau du public, il y a encore beaucoup à faire. Aujourd’hui, cela fait plus de cinquante ans que le handisport existe et il y a toujours des gens qui sont étonnés, qui ne le savaient pas. Lorsqu’ils en entendent parler c’est souvent au moment des Jeux Paralympiques, ce sera peut-être le cas pour les prochains jeux d’Athènes en 2004, espérons le !

S.D : Pouvez-vous nous parler des jeux Paralympiques, qui ont quand même connu une certaine évolution depuis leurs débuts ?
C.S :
Aujourd’hui, il y a 18 disciplines Paralympiques : athlétisme, natation, basket-ball, tennis, tennis de table, cyclisme, tir à l’arc, football, tir aux armes, équitation, rugby, escrime, voile, goalball, volley-ball, haltérophilie et judo, ski. Chacune d’entre elles est adaptée selon le handicap : pour le cyclisme, il y a celui pour mal voyants ou aveugles et celui pour amputés ; de même pour le tennis et le tennis de table, il y a les joueurs en fauteuil roulant et les joueurs debout, etc.

S.D : Vous étiez à la fédération internationale. Pouvez-vous nous en parler ?
C.S :
Je suis rentré en 1972 au comité directeur de Stocke Mandeville, au moment où j’ai raccroché au niveau international de la compétition. J’y suis resté vingt et un an, j’ai terminé comme vice-président, notre président étant Sir Ludwig Guttman. J’ai fait aussi une mandature à la fédération internationale qui s’occupe des amputés, l’I.S.O.D. Il y a deux autres fédérations internationales mais auxquelles je n’ai pas appartenu, c’est la fédération qui s’occupe des IMC et l’Internation Blind Sport Association (I.B.S.A). Avant que l’I.P.C ne soit créée, il y a eu un agrément entre les diverses fédérations, qui a débouché sur l’International Coordinating Committee (I.C.C), auquel j’ai appartenu depuis sa création en 1982 jusqu’à sa disparition en 1992. Aujourd’hui c’est l’I.P.C. qui gère tous les jeux Paralympiques et les championnats du monde.

S.D : Que faudrait-il faire pour qu’on parle plus du handisport ?
C.S :
Tout est une question d’argent. Le handicap est quelque chose qui ne rapporte pas, on le voit notamment au niveau des Jeux Paralympiques. Je trouve qu’il y a eu d’énormes progrès depuis les années 1965-1966, c’est incontestable, mais on a du mal à maintenir une certaine continuité. Ou alors, c’est comme un feu de paille : on en parle beaucoup au moment des Paralympiques puis ça retombe à la fin. Prenons les Jeux de Barcelone, en 1992 : cela n’intéressait pas les journalistes de venir. Depuis, grâce à l’aide du Ministère des Sports et du CNOSF les choses ont évolué favorablement mais rien n’est définitivement acquis.

Propos recueillis par Nadège BELANGE pour le Groupe Espace Sport

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